
LA GRANDE ARNAQUE EN AFRIQUE : L’ÉCOLE QUI NOUS APPREND À RÉCITER AU LIEU DE NOUS APPRENDRE À PRODUIRE
En Afrique, nous avons peut-être construit l’un des plus grands paradoxes de notre société : nous passons près de vingt ans assis sur des bancs pour apprendre des choses que nous ne savons pas toujours transformer en solutions pour notre propre pays.
De l’école primaire à l’université, l’enfant accumule des cours, des notes, des examens, des diplômes et des certificats.
On lui apprend que le soleil se lève à l’Est et se couche à l’Ouest.
On lui apprend les capitales, les dates historiques, les théories, les définitions et des formules.
Mais lui apprend-on suffisamment à produire ce qu’il consomme ?
À transformer une idée en entreprise ?
À créer un emploi ?
À exploiter intelligemment les richesses de son territoire ?
À transformer une matière première en produit fini ?
À résoudre les problèmes de sa communauté ?
À créer de la technologie plutôt qu’à seulement la consommer ?
Voilà le véritable problème.
Le drame n’est pas que l’Africain soit instruit. Le drame, c’est qu’il puisse être très instruit et rester incapable de transformer son intelligence en richesse, en innovation et en puissance collective.
Nous avons donc parfois une école qui fabrique des chercheurs d'emploi, alors que l'Afrique a besoin de créateurs de solutions.
Un jeune peut passer 20 ans à l'école et sortir avec plusieurs diplômes, mais sans savoir cultiver efficacement un hectare, transformer le cacao en chocolat, le coton en textile, le bois en mobilier industriel, ou encore une idée en entreprise viable.
Pendant ce temps, nous exportons nos matières premières et importons les produits fabriqués avec ces mêmes matières.
C’est là que se trouve l’arnaque : nous avons appris à connaître le monde sans apprendre suffisamment à le transformer.
L’école ne doit donc pas disparaître. Elle doit changer de mission.
Il faut passer d'une école qui demande principalement :
« Qu'as-tu appris ? »
à une école qui demande aussi :
« Qu'es-tu capable de créer avec ce que tu as appris ? »
Parce qu’un peuple qui sait réciter le monde mais qui ne sait pas produire sa propre richesse reste dépendant.
L’Afrique n’a pas besoin de moins d’école. Elle a besoin d’une école qui transforme le savoir en compétence, la compétence en production, la production en richesse et la richesse en développement.
Le véritable diplôme devrait finalement être celui qui permet à l’homme de devenir utile à lui-même, à sa communauté et à sa nation.
Par Apôtre BÂTISSEUR DE LA NATION
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